ALGER - La ville de Chlef, à 250km à l'ouest d'Alger, est en proie à de violentes émeutes déclenchées en réaction à l'ouverture du procès dimanche du coordinateur de l'association des sinistrés du séisme d'octobre 1980, a-t-on appris lundi auprès d'habitants de cette cité de la plaine du Chélif.
"Ce matin (lundi, NDLR), des groupuscules de jeunes voltigeant d'un endroit à un autre ont tenté de mettre le feu au siège de la préfecture. La police a dû faire usage de bombes lacrymogènes et de jets d'eau pour les repousser", a témoigné Salim Benali, fonctionnaire à la sous-préfecture de Chlef.
Les tentatives des émeutiers, des jeunes pour la plupart, de vandaliser d'autres édifices publics, comme le bureau de poste, la banque et l'hôtel de ville ont échoué face au déploiement de dispositif policier, renforcé dans la nuit de dimanche à lundi, ajoute ce même interlocuteur.
"Les policiers anti-émeutes armés de matraques et de bombes arrivés hier soir des départements limitrophes ont pris position au niveau des carrefours et ordonnent au habitants de rentrer chez eux. Ce matin, Chlef est une ville morte, où il ne faut pas sortir. Tout est fermé, seul les véhicules de la police en sirènes sillonnent les rues", raconte un commerçant, joint au téléphone.
Dans la soirée de dimanche, la police a procédé à des arrestations, peu après les premières manifestations de colère à proximité du tribunal, où le procès du coordinateur des sinistrés du séisme d'octobre 1980 venait de s'ouvrir.
"Il est impossible de savoir quel est le nombre exact de personnes arrêtées, ni l'endroit où elles se trouvent", explique pour sa part le représentant local de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH), présidée par maître Ali Yahia Abdenour.
Soucieuses de calmer les esprits, les autorités judiciaires locales ont décidé de reporter le procès au 11 mai prochain. Le préfet du département de Chlef avait déposé précédemment plainte contre le coordinateur des sinistrés, qu'il accuse de "manipuler" les populations vivant dans des chalets en préfabriqués depuis octobre 1980.
Le coordinateur reprochait en effet aux autorités locales de ne pas s'occuper de ces sinistrés abandonnés 28 ans, alors que les victimes du séisme de mai 2001, qui avait frappé le centre de l'Algérie, ont connu un meilleur en bénéficiant notamment de nouveaux logements et d'autres aides de la part de l'Etat. AP

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